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Santé mentale : changer d'approches ?

Les maladies mentales restent encore bien trop souvent considérées comme un sujet tabou. Nous peinons à les reconnaître comme des troubles ordinaires qui peuvent nous toucher ainsi que nos proches, et à intervenir lorsque c’est nécessaire. Difficile en effet de faire correspondre les tourments privés dont nous faisons l’expérience dans notre intimité psychique, avec des dérèglements plus généraux qui pourraient avoir une origine environnementale et biologique, et que
l’on pourrait étudier à l’échelle de groupes humains. Aujourd’hui, la recherche biomédicale a pour défi de tisser ces correspondances afin de mieux soigner, mais aussi de casser les stéréotypes qui freinent l’accès aux soins. Car, non, ce n’est pas que dans notre tête.

Cerveau : Derrière les motifs de l’émotivité

Longtemps considérées comme un phénomène intime qui révèle les mouvements secrets de l’âme et les contours de la personnalité, les émotions constituent aujourd’hui un sujet d’étude à part entière. Même si le langage permet d’en décupler les nuances et les interprétations, elles ne sont pas des élans entièrement subjectifs qui seraient spécifiques à chaque individu ! On peut observer les bases biologiques d’émotions fondamentales, grâce aux techniques de neuro-imagerie fonctionnelle.

Notre santé dépend de la diversité du monde naturel

L’environnement n’est plus considéré comme un vaste et charmant décor dont l’Homme dispose afin d’assurer son développement. Comme nous le rappelle un rapport de la Plateforme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES), publié en mai dernier, santé humaine, santé animale et santé environnementale ne se conçoivent pas l’une sans les autres. Nous altérons la biodiversité ? Elle nous le fait payer en retour.

Alcoolisation fœtale : Un organe inattendu entre en scène

Si l’on sait depuis les années 1960 que la consommation d’alcool chez les femmes enceintes peut provoquer des malformations du fœtus, la recherche clinique n’a pas encore permis de déterminer avec précision dans quelles conditions ces troubles pouvaient survenir. Plusieurs facteurs sont débattus : stade de la gestation, fréquence et quantité d’alcool absorbé, tendance au binge drinking. Mais les effets de l’exposition seront très variables en fonction des individus. Cette incertitude incite hélas les familles à relativiser les risques encourus, même dans les populations sensibilisées. En outre, le slogan « zéro alcool » est parfois perçu comme une injonction exagérée, culpabilisante voire infantilisante.

Conscience : la moduler pour mieux soigner

Hypnose contre la douleur, méditation pour réduire l’angoisse, EMDR pour réfréner des souvenirs traumatisants… De nombreuses approches promettent déjà de soigner en modulant la conscience. Longtemps, ces techniques sont restées boudées par la recherche scientifique, car jugées trop ésotériques. Ce n’est désormais plus le cas ! Mieux : d’autres approches innovantes, comme la stimulation cérébrale profonde ou les psychédéliques, sont à l’étude. Mais que sait-on au juste de la conscience ? Peut-on
vraiment la manipuler à l’envi ? Quelles méthodes sont efficaces pour modifier les états mentaux de manière contrôlée, et pour quelles indications ?

Santé et environnement : dépasser l'incertitude

« Comment vivre en bonne santé dans un monde toxique ? » C’est la question que l’on peut légitimement se poser en lisant les derniers rapports du Groupe d’experts intergouvernementaux sur l’évolution du climat (Giec) ou de la Banque mondiale sur l’état de notre environnement. Dans une économie mondialisée où plus aucun produit manufacturé n’est exempt de substances fournies par les industries chimiques, où la production engendre des pollutions résultant de l’extraction des matières premières, du transport, et du stockage des déchets, un stress sans précédent pèse
sur les écosystèmes de la planète. Nous avons le sentiment que nos lieux de vie sont pétris de menaces invisibles, porteuses de nouvelles maladies. Mais cette crainte est avant tout le symptôme d’une prise de conscience générale de notre dépendance à l’environnement qui traverse toutes les couches de la société. Aujourd’hui, tandis que nos sociétés tentent d’amorcer une révolution environnementale, au sein de
la recherche mais aussi bien au-delà, de nouveaux savoirs sont mobilisés pour comprendre ce qui affecte vraiment nos corps.

Cancer : Sous les feux de l'Hyperion

Depuis une vingtaine d’années, les tumeurs malignes ne sont plus considérées comme de simples amas de tissus qui se seraient développés de manière chaotique, mais comme d’authentiques écosystèmes miniatures. En leur sein, cellules de l’immunité et cellules cancéreuses interagissent de manière complexe, au point que l’on emploie parfois la notion de “réseau social” pour décrire leurs multiples relations. Mais de leurs affinités réciproques émerge parfois un phénomène malheureux : une inhibition de la réponse immunitaire anti-tumorale, la réponse naturelle du corps pour interrompre la progression du cancer.

Syndrome de fatigue chronique : Une vraie maladie ?

Des mois après avoir contracté la Covid-19, y compris sous une forme bénigne, certains malades peinent à se rétablir. Faire des courses, sortir entre amis, manger ou se laver les dents… Ces activités ordinaires suscitent un épuisement anormal. La sensation d’un cerveau qui fonctionne au ralenti se double d’un sommeil peu réparateur et d’un état de confusion diffus. Heureusement, ces symptômes disparaîtront spontanément dans la plupart des cas. Mais quelques malchanceux pourraient développer une encéphalite
myalgique, aussi nommée « syndrome de fatigue chronique », dont le diagnostic repose sur une intolérance à l’effort qui s’exprime de manière retardée.